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Congrès Biennal du CQJDC- 2010 Résumés des communications et présentations Power point autorisés par les auteurs
Journée pré-congrès
Observatoire canadien pour la prévention de la violence à l'école
Jeudi 13 mai 2010
9h15 - 10h30
Prévenir la violence à l’école: qui fait quoi? Entre «bonnes pratiques» et réalité du contexte
Éric Debarbieux, Ph.D., professeur en sciences de l’éducation à l’Université Bordeaux II (France) et président de l’Observatoire international de la violence à l’école.
La recherche des programmes efficaces et des « bonnes pratiques » pour lutter contre la violence à l’école est une partie importante de la littérature scientifique et pédagogique. Ainsi, l’évaluation scientifique des interventions s’est beaucoup développée ces dernières années, avec la publication de méta-analyses importantes. Ces recherches convergent vers une conclusion encourageante : il existe des programmes dont on peut affirmer l’efficacité, qui agissent sur les troubles de comportement, le taux d’agression, la délinquance à l’école. Il paraît justifié d’affirmer que nous savons ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas dans la lutte contre la violence en milieu scolaire.
Si nous savons bien des choses sur la violence à l’école et sur les conditions d’efficacité des programmes, l’utilisation de ces informations sur le terrain n’a pas suivi la montée du problème. Sur le plan politique, le même constat est souvent fait par les criminologues qui tentent d’influer sur les politiques publiques en proposant de les baser sur l’évidence scientifique : « La prévention du crime aujourd’hui comme dans le passé a tendance à être conduite plus par la rhétorique que par la réalité ».
Identifier les « bonnes pratiques » ne suffit donc pas : comprendre comment les professionnels et les communautés s’en emparent est crucial. C’est d’autant plus vrai que les mêmes synthèses ont mis en évidence que les conditions d’implantation d’un programme sont aussi importantes que le programme lui-même, quelle que soit la qualité de sa conception. Bref, il n’est de bonne pratique qu’en contexte, que celui-ci soit local, culturel ou social et ce contexte n’est pas nécessairement homothétique au contexte expérimental des programmes évalués. Dans cette communication, nous tenterons de faire une synthèse des apports des méta-analyses à la connaissance des actions pour prévenir la violence à l’école, tout en montrant les conditions de contextes qui leur permettent d’être ou non efficaces mais aussi, à partir d’exemples dans des pays du « Sud » en montrant comment des communautés, sans besoin de « programmes » ou de «bonnes pratiques » savent se protéger de la violence à l’école.
10h45 - 12h00
L’aménagement, l’organisation et l’animation des cours d’école pour prévenir les manifestations de la violence
M. Richard Gamache, équipe de coordination nationale Kino-Québec/conseiller en activité physique au ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport, et son collaborateur Benoit Laberge, conseiller au programme Kino-Québec à la Direction de la santé publique de l'Agence de la santé et des services sociaux de Chaudière-Appalaches.
Chaque jour, la cour d’école est le premier contact que les jeunes ont avec le milieu scolaire. De plus, c’est l’un des principaux lieux de rassemblement lors des périodes du service de garde tout en étant l’endroit où les élèves s’amusent et refont le plein d’énergie pendant les récréations. Ainsi, la vie dans la cour d’école fait partie intégrante de l’expérience éducative et peut contribuer de façon importante aux apprentissages scolaires des élèves. Or, l’affluence d’élèves dans un espace limité, telle la cour d’école, peut induire ou favoriser des situations conflictuelles susceptibles de déboucher sur des affrontements verbaux, voire physiques et influencer négativement le climat dans la classe. En ce sens, un projet lié à l’amélioration de la cour d’école peut encourager l’établissement de relations harmonieuses entre les élèves, tout en étant une occasion de procéder à un réinvestissement pédagogique, notamment en leur permettant de participer à l’animation. Cependant, cela peut représenter tout un défi pour une école de revoir sa cour, compte tenu du temps et des ressources disponibles.
Dans cette lignée, Kino-Québec présente Ma cour : un monde de Plaisirs!. Ce guide, à l’intention des écoles primaires, propose une démarche afin de soutenir les intervenants concernés (direction, personnel enseignant et non enseignant, service de garde, etc.) pour les aider à bonifier l’aménagement, l’organisation ou l’animation de leur cour d’école. Toutefois, l’accompagnement des écoles par des ressources qualifiées et la mobilisation de différents acteurs de la communauté sont des facteurs de réussite essentiels pour favoriser l’arrimage d’interventions concertées pouvant réduire les manifestations de la violence. Ainsi, lors de cette communication, il sera possible de présenter sommairement le guide et ses outils en plus de témoigner d’expériences de mise en œuvre réalisées au Québec.
13h30 - 15h00
Un policier dans l’école? Pourquoi, quand et surtout ...comment?
Claire Beaumont, professeure à la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université Laval, codirectrice de l’Observatoire canadien pour la prévention de la violence à l’école et secrétaire générale de l’Observatoire international sur la violence en milieu scolaire et Torben Borgers, président de la Table provinciale de concertation sur la violence, les jeunes et le milieu scolaire, Sergent Pierre Renaud, coordonnateur provincial du Programme d’intervention en milieu scolaire.
Première partie : Violence et criminalité : comment cohabitent les intervenants et les agents de police dans l’école (Claire Beaumont)
La présence des policiers dans les établissements d’enseignement ne fait pas l’unanimité dans la communauté éducative. Au Québec, 77% des directions d’écoles secondaires disent cependant recourir aux services des policiers en situation de prévention, d’urgence ou d’enquête. Au primaire, bien que le phénomène soit moins important, c’est près d’une école sur six qui réfère très souvent ou parfois à ces services dans des cas de violence ou de criminalité juvénile (Beaumont, 2010). On connaît cependant très peu de choses sur la manière dont s’installe et se vit cette collaboration entre l’école et les services de police. Quand et comment interviennent les policiers en milieu scolaire? Quelle perception les milieux scolaires ont-ils de cette présence policière? S’agit-il d’une ressource supplémentaire sur laquelle on peut compter pour prévenir et gérer les problèmes de violence à l’école? Après avoir dressé un portrait de la violence telle que perçue par les directions d’établissement d’enseignement du Québec, cette communication décrira différents modes de collaboration qui prennent place entre les écoles et les services de police qu’il s’agisse de prévenir, d’intervenir ou encore d’enquêter auprès des jeunes. Finalement, en s’inspirant des propos tenus par les directions d’établissement qui vivent cette expérience plus favorablement, on retirera les principaux aspects à considérer pour mieux encadrer la présence policière en milieu scolaire.
Deuxième partie : Des outils indispensables pour baliser les interventions des policiers en milieu scolaire (Torben Borgers et Pierre Renaud).
La Table provinciale de concertation sur la violence, les jeunes et le milieu scolaire est un organisme peu connu du public mais très actif dans le débat qui entoure actuellement la violence chez les jeunes. Puisqu’une récente enquête a démontré que plus du tiers des directions d’établissement d’enseignement interrogées considèrent que le phénomène de la violence est un problème important dans le milieu scolaire au Québec, la Table a initié plusieurs projets importants dans ce domaine, dont le dernier visant à rapprocher les milieux scolaires et les corps de police dans leurs initiatives de prévenir la violence et la criminalité chez les jeunes. Que ce soit pour prévenir la violence, pour intervenir en situation d’urgence ou encore pour enquêter dans des contextes de criminalité juvénile, les policiers et le personnel des établissements d’enseignement doivent collaborer et s’entraider puisqu’ils travaillent conjointement auprès de la même clientèle : celle des jeunes. Certains milieux scolaires vivent mieux que d’autres ce type de collaboration. En se basant sur les modèles existants dans le monde dans ce domaine, et sur les propos de près de 800 directions d’établissement d’enseignement au Québec, la Table a mis à jour son Cadre de référence sur la présence policière en milieu scolaire et propose un modèle de partenariat facile à appliquer dans nos écoles. Ces outils, qui sont offerts aux écoles, sont des modèles d’application puisqu’ils sont brefs et dynamiques, tout en balisant un large éventail de situations pouvant faire intervenir un policier à l’école.
15h15 - 16h25
Pratiques novatrices mises en oeuvre dans le cadre du plan d’action ministériel pour prévenir et traiter la violence à l’école
Danielle Marquis, Direction des services éducatifs complémentaires et de l’intervention en milieu défavorisé au MELS et ses partenaires régionaux en prévention et traitement de la violence. En 2008, le ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS) présentait, lors du 2e Congrès biennal du Comité québécois pour les jeunes en difficulté de comportement (CQJDC), son plan d’action pour prévenir et traiter la violence à l’école, dont l’objectif est de favoriser l’instauration d’un climat sain et sécuritaire à l’école pour tous les élèves et les acteurs du milieu. Depuis, les commissions scolaires et les écoles mettent en place une diversité de moyens novateurs pour prévenir et traiter la violence dans leurs milieux.
Cette présentation rendra compte de la manière dont les équipes régionales et les écoles s’organisent sur le terrain pour prévenir et traiter la violence à l’école. Quelles sont les actions réalisées? Comment les gens des milieux collaborent-ils entre eux pour les réaliser? Quel soutien reçoivent-ils de la communauté? Comment le Ministère les accompagne-t-il dans leurs démarches? Comment ont-ils contourné certaines embûches rencontrées lors de l’élaboration de leurs projets pour intervenir contre la violence à l’école? À partir de témoignages de gens du terrain, impliqués à différents niveaux d’intervention, il sera possible d’identifier quelques projets novateurs mis en œuvre par certaines équipes régionales et, par le fait même, de s’inspirer de leurs réalisations.
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